Comment j’ai surmonté mon syndrome de l’imposteur ?

Les Façonneuses quête de sens entrepreneuriat feminin durable syndrome imposteur

Le syndrome de l’imposteur, c’est quoi ?

Petite soirée sympathique, il y a plein de têtes inconnues, des petits groupes se forment, ça discute de façon décontractée. Puis, vient forcément, et très rapidement, la question « et toi, qu’est-ce que tu fais ? ».

Là je me tétanise, en vrai, je l’attendais depuis déjà un moment, mais là ça y est, elle est posée et il faut donc…y répondre !

Je ne sais pas si c’est une sensation qui t’est familière. Le syndrome de l’imposteur est une sorte de mélange entre anxiété et manque de confiance en soi. L’impression qu’on a rien à faire là, qu’on doit tout aux autres, qu’on est juste chanceuses et donc qu’on ne mérite pas le fait d’être ici.

Cette sensation touche particulièrement les femmes et encore plus les femmes qui se lancent dans une activité qui fait sens avec leurs valeurs.

Du coup, que répondre ? Se définir pas son diplôme ? « Je suis agronome »…par son activité ou non activité ? « Je suis au chômage là, mais… ».

Ouf, c’est bon, c’est passé. Et puis ça avait l’air de lui aller comme réponse.

Je me détends.

En fait, lors de ce type de soirée, j’étais terrorisée à l’idée d’avouer que j’étais en grande quête de sens, que je ne savais pas du tout vers quoi me diriger comme activité, leur déballer tous mes questionnements et finalement, en montrant que je ne rentrais pas dans une case prédéfinie classique, (que tout le monde comprend en un clin d’œil, type « je suis agronome »), susciter l’attention et devenir le sujet central de la conversation.

C’est vrai, je ne le mérite pas vraiment et je préfère faire mes trucs dans mon coin.

Du coup « je suis agronome », c’est juste PARFAIT !!!

Au bout d’un moment, ça me stressait tellement que je préférais éviter les soirées où cette question pouvait émerger, même dans ma famille !

En fait, le syndrome de l’imposteur il peut apparaitre à plein de moments de sa vie d’entrepreneure durable : de la quête de sens à bien plus tard. Par exemple, lorsqu’on se dit « j’ai horreur de parler de moi alors je ne vois pas comment je saurai vendre mon produit ou mon service ! ».

C’est donc une posture qui se travaille, car c’est tellement plus agréable et simple que de parler de ce qu’on pense vraiment !

Si toi aussi, cette sensation te parle, voici 3 points qui m’ont vraiment aidé à avancer. Aujourd’hui je suis bien plus à l’aise pour me présenter, parler à des inconnus de ce que je fais et pourquoi. Alors voici, comment toi aussi tu peux laisser tomber cette sensation désagréable et vraiment peu fertile ! 😉

Oser être soi-même donne l’opportunité aux autres de l’être

Les 3 étapes qui m’ont aidé à m’en affranchir

#1 Ne pas confondre mes étiquettes et moi

Quand on sort de ses études, comme on n’a pas été vraiment « confronté à la réalité du terrain », on n’a pas forcément très confiance en soi et on a tendance à se raccrocher à son diplôme : preuve de notre sérieux et de notre fameuse « expertise », une première étiquette. Se rajoutent à cela d’autres étiquettes : sa provenance géographique, ses loisirs, sa culture, sa famille, etc. Nous avons tous des étiquettes, c’est normal, cela nous permet d’évoluer en société. Pour autant, on a parfois tendance à se confondre avec ses étiquettes et finir par s’oublier : soi, ses envies profondes, ses valeurs, etc.

Le premier travail à faire est de ne pas se confondre avec ses étiquettes ce qui est déjà un grand pas vers l’écoute de soi.

Une fois qu’on a pris conscience de cela, on peut se demander : OK, je ne SUIS pas « agronome » (par exemple ! J), mais du coup JE SUIS QUOI ?

Le concept de la boule à facette, que je tire d’un livre[1] de Mary-Laure Teyssedre est vraiment parlant. L’idée est que chacun(e) de nous est une boule à facette : nous avons plein de « visages » différents et qui font que nous sommes uniques. On peut être à la fois bonne élève, passionnée de jardinage, diplômée d’école de commerce, fan de Prokofiev et de Madonna, manuelle et engagée dans une association de protection des carillons d’Isère. Les gens nous connaissent souvent sous deux ou trois facettes, pourtant c’est l’ensemble qui fait que nous sommes nous et unique !

En réalisant cela, les étiquettes perdent de leur importance et c’est le lien entre toutes ces étiquettes qui devient primordial.

#2 Prendre le temps de clarifier mon fil conducteur

On a tous un fil conducteur entre toutes nos facettes. Le trouver permet de s’affranchir de la sensation d’imposteur car on réalise qu’on est unique, qu’on ne peut pas attribuer à quelqu’un d’autre le mérite de toutes nos facettes. Et puis, ce lien, nous permet d’identifier ce qu’on peut apporter au monde, ce qui nous caractérise au plus profond de nous.

Pour clarifier son fil conducteur, il faut s’en laisser le temps, se laisser une parenthèse introspective, pour se poser à soi-même ses questions. Pour ma part, n’arrivant pas à poser ce cadre seule, j’ai décidé de suivre un accompagnement pour officialiser cette volonté et lui donner une vrai place (physique et psychologique). L’ikigaï est bien entendu un superbe outil pour trouver le lien entre toutes ces facettes, mais il en existe probablement d’autres. L’idée est de se demander qu’est-ce qui m’anime ? qu’est-ce qui fait que je suis toutes ces facettes à la fois et que je me plais dans cette boule disco (ou pas d’ailleurs) ?

C’est une étape qui demande un peu de temps, je dirais même qu’on peut avoir de premiers éléments de réponses, mais que le fil conducteur va se construire tout au long de notre vie. Pour autant, prendre un temps pour clarifier ce fil conducteur à l’instant t, en sachant bien sûr qu’il sera amené à évoluer, s’enrichir, permet de poser pour un temps ce flou, caractéristique de la quête de sens.

Ca y est, la richesse que je peux et veux apporter au monde apparaît, à la fois comme une évidence et une grande nouveauté dans ma vie.

#3 Me lancer et accepter les réactions positives de l’auditoire !

Puis vient le moment où la question se représente, dans une autre soirée.

Je prends mon courage à deux mains, et… je me lance.

Quand on commence à parler de ce qu’on pense vraiment, de qui on est vraiment, en fait les voiles tombent, les gens s’ouvrent et se mettent naturellement au même niveau que soi. Ils admettent qu’eux aussi traversent des questionnements, etc. On parle alors d’humain imparfait à humain imparfait et c’est tellement plus fertile que « je suis agronome » puis « ils sont vraiment bons ces chips au pois-chiche ! ».

Pour commencer, on peut « s’entrainer » dans des soirées où on sait que les gens seront bienveillants : des amis, des personnes qui se posent les mêmes questions, des entrepreneurs durables qui sont aussi passés par là, etc.

*Note : il est intéressant de noter aussi les réactions des personnes qui sont moins bienveillantes pour essayer de comprendre ce qu’il y a dessous : leurs propres peurs ? croyances limitantes ?

Je me souviens de quelqu’un en soirée qui, répondant à « et toi Marc, tu fais quoi ? », avait lancé quelque chose du genre « Et bien moi, j’essaye d’être ». La réponse avait commencé par déstabiliser l’auditoire, puis avait hautement enrichi la conversation.

Une fois qu’on a osé, on se rend compte qu’il y a de nombreuses réactions positives. Les gens soufflent « ah, enfin quelqu’un d’humain, qui admet être imparfait et en questionnement ! ». Ça rassure, ça met à l’aise les autres (dans les auditoires bienveillants bien-sûr !*).

Puis de « j’ai très envie d’agir pour une société plus durable dans mon activité professionnelle et actuellement je suis en train de tout mettre à plat pour voir comment c’est possible » à « je suis en train de suivre un coaching pour lancer une activité qui a du sens pour moi et qui participe à créer une société plus éco-logique », puis à « je lance un projet pour accompagner des jeunes diplômées qui suivent le même parcours de vie que le miens, c’est-à-dire qui sortent de leurs études en se demandant comment elles pourraient agir à temps plein pour participer à l’émergence de transitions écologiques, sans vraiment oser se diriger vers l’entrepreneuriat… », je peux vous dire que les réactions des gens sont vraiment positives, pleines de bienveillance et d’encouragements !

En fait, eux aussi ils aimeraient bien se lancer, être alignés avec eux-mêmes et construire un monde qui prône leurs valeurs !

Quand vous avez fait ce pas là, non seulement c’est très gratifiant (#antisyndromedelimposteur), ça donne de l’énergie ((#antisyndromedelimposteur) mais surtout on se met à voir aussi la richesse des autres au même titre que la sienne et imaginer toutes les belles synergies (#antisyndromedelimposteur) que tous ces êtres uniques pourraient engendrer !


[1] Alignement, centrage, ancrage, enracinement : se relier à l’énergie de la vie pour y puiser ses forces.

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Cannelle
Cannelle

J’accompagne des jeunes diplômées en quête de sens professionnel et écologique vers un entrepreneuriat durable qui leur ressemble.

Qui suis-je ?

Cet article a 3 commentaires

  1. Bertrand

    Pour moi, le syndrome de l’imposteur dans l’entreprenariat, c’est de se sentir pas à sa place. Se dire que quelqu’un d’autres ferait mieux.
    Il paraît que c’est un sentiment partagé avec les manageurs ( les vrais, pas ceux qui ont la confiance d’absolu de leur égo).. On comprend qu’ils soient souvent sur la défensive.
    Comment lutter contre ce sentiment? Regardez en arrière. Quel beau sillon que le vôtre. Malgré les contraintes, vos inévitables erreur, vous avez fait tout cela.
    Et puis les autres ont souvent leur travers. Certains réussissent en sacrifiant l’essentiel. Quel échec!

    1. Cannelle Clément

      Bonjour Bertrand, merci pour votre commentaire. En effet, parfois on ne se sent pas à sa place, pour autant vous avez bien raison de rappeler que si on va vers son propre « essentiel », c’est qu’on est tout à fait légitimes d’être à cette place. D’autant que nous sommes tous en chemin! 😉

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